Voyagera-t-on en drone demain ?

Lors de l’édition 2016 du CES de Las Vegas nous avons pu apercevoir une innovation pour le moins originale : le drone habitable. Car même si le vol automatisé des drones est maîtrisé, c’est une première de voir un drone capable de transporter un homme. Cet aéronef, plutôt élégant et sportif, nous fait toucher du doigt ce vieux rêve de se déplacer en « voiture volante » au sein de nos villes. Ici pas besoin de pilote : tout est automatique, il vous suffit, tel un GPS, d’entrer les coordonnées de la destination et le drone décolle pour voler seul jusqu’au point d’arrivée.

Quelques chiffres

Côté technique, ce drone est capable de voler jusqu’à une altitude de 3500m et ce à 100km/h environ. Mais le constructeur préconise de voler plutôt entre 200 et 500m d’altitude. Même si ce véhicule ne pollue pas, puisqu’il est doté d’un moteur électrique, il possède une autonomie extrêmement faible qui ne dépasse pas 23min de vol avec un passager unique de 100kg maximum… le tout avec un temps de recharge de 2 heures.

Le réel intérêt de cette machine subsiste dans son électronique embarquée couplée à un pilote automatique. Et pas un pilote automatique complexe façon Airbus avec des altimètres et autres commandes à programmer, ici il suffit juste d’indiquer le lieu à atteindre et il vous y emmène, quoi de plus simple ?

Côté tarif son prix est estimé entre 200.000€ et 300.000€ mais pourrait-être amener à baisser avec le nombre de ventes.

Faut-il être un as pour piloter cet engin ?

Cette machine ouvre de belles perspectives en matières de transport et répond surtout à une problématique importante : la compétence du pilote, car ici il n’y a pas de pilote. Cela libère donc de la contrainte de la mise en place d’une formation pour les utilisateurs (difficile et pas forcément du niveau de tout le monde).

Il ne paraît pas impossible d’imaginer son utilisation d’ici 10 ans. Cependant, pour l’instant, les législations occidentales et asiatiques encadrent sévèrement les vols en drone, notamment au-dessus des agglomérations. Amazon parie déjà sur les drones et tente de faire du lobbying afin qu’un cadre législatif favorable aux transports aériens automatiques de marchandises voit le jour. Si dans quelques années cette entreprise arrive à banaliser ce mode de transport de colis pourquoi cela ne s’appliquerait-il pas aux hommes ? Voyager en drone pourrait avoir plein d’avantages : plus rapide car plus direct, plus sûr que la voiture car automatique et demandant des infrastructures moins conséquentes que nos routes goudronnées.

Et si demain se déplacer en drone était la norme ?

Pour comprendre ce que pourrait être les déplacements en drone, nous avons décidé de faire l’interview d’anticipation d’Antoine vivant à Paris en 2030 :

 

Comment les drones ont modifié votre quotidien ?

Il faut avouer qu’ils ont marqué une rupture dans les transports. Ça a commencé en 2022 avec les livraisons de colis. Pour les achats peu encombrants c’est super pratique : tu commandes par internet et t’es livré dans la cour de l’immeuble en 1h maximum et c’est gratuit. Mais je dois avouer que ce qui est le plus génial c’est les déplacements en drones habitables. Rares sont ceux qui en possèdent un personnellement puisqu’ils sont en libre utilisation comme les vélibs, et puis ce serait trop cher. On met 10min du centre de Paris jusqu’à la banlieue proche, les temps de trajets sont raccourcis considérablement maintenant et en plus la sécurité est totale : plus d’erreur humaine.

Ce nouveau mode de transport apporte beaucoup de bénéfices : l’air de la capitale est devenu plus respirable et il n’y a presque plus de bouchons. Seul bémol je dois l’avouer : le bourdonnement incessant des hélices dans le ciel parisien, mais on s’y fait.

Concrètement comment ça fonctionne ?

Pour se déplacer tu vas sur l’application « DroneLib » et tu commandes l’heure, le point de départ et d’arrivée. Puis tu te rends à la plateforme voulue, généralement sur le toit de ton immeuble ou dans les grandes rues et c’est parti ! Tout est automatique, tu as une intelligence artificielle vocale à bord avec qui tu peux échanger et demander un changement d’itinéraire au dernier moment. L’IA gère le pilotage et elle est elle-même reliée au réseau central pour gérer l’ensemble des plans de vol. Le moteur fonctionne à l’hydrogène donc aucune pollution et l’autonomie est accrue.

Y’a-t-il eu des répercussions sur le marché du transport ?

Bien sûr ! Cette transition vers les drones autonomes ne s’est pas faite sans mal. Il y’a eu de fortes grèves des taxis et des VTC, mais ils n’ont rien pu faire face à cette révolution, si ce n’est baisser leurs tarifs. Il en va de même pour la voiture autonome qui s’est faite finalement détrônée par le drone car plus rapide. Les constructeurs automobiles ont tenté de faire du lobbying contre les drones automatiques car évidemment les ventes de véhicules sur l’Ile-de-France et plus largement dans le monde ont fortement chutées. Mais malgré les réticences de certains grands groupe toutes les grandes villes du monde s’y sont mis : New York, Tokyo, New Delhi et j’en passe. Jamais je n’aurais pensé que ça se serait développé aussi vite !

Waouh, ce sujet m’intéresse : parlons-en !

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