Amazon viendra-t-il vendre des tomates en France ?

Amazon, acteur majeur du e-commerce mondial, souhaite à présent se lancer dans la distribution de produits alimentaires.

Depuis septembre dernier, avec l’ouverture d’un drive à Seattle, on assiste à une évolution de la stratégie du géant américain. Même si jusqu’à présent le groupe se limitait essentiellement à vendre des produits culturels et hi-tech uniquement sur internet, il souhaite aujourd’hui se diversifier en s’ouvrant aux produits alimentaires.

Bien entendu son patron, Jeff Bezos, ne s’intéresse pas qu’aux Etats-Unis et compte bien tenter d’attaquer le marché européen comme le prouve l’ouverture récente d’un onglet « Epicerie & vins » sur la version française du site internet. Pour l’instant les investissements de la firme sont minimes et se limitent aux produits non périssables avec une largeur de gamme qui compte tout de même déjà 34.000 références. De cette manière Amazon teste le marché français, identifié comme un marché au fort potentiel d’évolution puisque pour l’instant seul 3% des achats alimentaires en France sont effectués en ligne, 5% si on inclut l’ensemble des produits de la grande distribution.

Une barrière de taille

Si Amazon débarque sur le marché français de la grande distribution alimentaire il devra se heurter aux 4 géants locaux que sont le groupe Casino, Carrefour, Auchan-Système U et E. Leclerc. Au-delà du fait que ces 4 grands acteurs français risquent de ne pas se laisser faire commercialement, ils possèdent l’avantage de représenter 90% des achats auprès des industriels de l’agroalimentaire, ce qui leur donne un pouvoir de négociation immense sur les prix et les rend par conséquent très compétitifs.

Amazon devra donc trouver la solution pour vendre de gros volumes pour avoir des prix compétitifs.

Un réseau de distribution déjà dense

Bien que la vente en ligne de produits alimentaires ne soit pas très développée en France, les distributeurs sont très bien implantés sur le territoire avec 12.000 hyper et supermarchés, 3.550 drive et de nombreux commerces de proximité dans les grandes villes. La livraison à domicile se fait déjà dans les grandes agglomérations du fait des faibles distances et de certains modes de vie qui laissent peu de temps pour faire les courses. Cependant 90% du e-commerce alimentaire français se fait via les drive.

Amazon va donc se heurter à un maillage très dense de la grande distribution française.

Si Amazon décide de rentrer sur le marché de l’alimentaire français il devra rapidement palier son retard au début de la chaîne de valeur avec les achats. Les investissements seront importants pour obtenir un pouvoir de négociation auprès des fournisseurs et les marges seront faibles.

Malgré une arrivée sur ce nouveau marché qui s’annonce délicate, Amazon peut se donner les moyens d’y arriver grâce à son expertise logistique, technologique et ses ressources financières.

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